J'en ai marre de faire des projets d'avenir qui se cassent sans cesse la geule. Je me sens bien, motivée et j'ai l'impression qu'elle est bien loin l'époque où je ne mangeais que 500kcal par jour en faisant 10 crises de stress de peur de grossir. Pourtant je sais qu'elle me guette. C'est aussi ce qui m'empêchait d'avancer. M'empêchait. Oui car à force de croire m'en sortir et d'échouer j'avais dans l'idée qu'il était idiot de faire ces hauts "pour rien". Mais ce que je n'avais pas su voir c'est qu'à chaque fois que je m'aventurais sur les voies de la guérison, j'allais chaque fois plus loin. J'avais tord de croire que c'était du temps de perdu. En y réfléchissant je réalise combien c'était important et nécessaire. Je suis descendu très bas, alors à quoi es ce que je m'attendais ? A remonter la pente du jour au lendemain sans jamais faiblir ? Je me suis fourvoyé. Pourtant on me le répète souvent mais je n'ai pas su croire. "La guérison d'une anorexie n'est pas une courbe ascendante rectiligne. C'est une sinusoïde. Il y a des rechutes, des moments de doute mais on ne redescend jamais aussi bas et chaque périodes de mieux on remonte plus haut." C'est vrai que c'est décourageant quelque part car on a pas envi de ces petites périodes de flottement. On a envi de s'en sortir directement. C'est frustrant. Mais je pense que c'est à moi de savoir gérer ces moments de faiblesse, et même les mettre au service de ma guérison. C'est à moi de faire que ça ne se transforme pas en rechute. Je dirai même que c'est à moi de faire tout mon possible pour ne pas avoir de moments comme ceux ci, mais je crois aussi qu'il ne faut pas être "trop pressé de guérir". Il faut prendre son temps pour que la guérison soit entière et efficace. Il faut accepter d'être aidé même si c'est dur, car affronter cette épreuve tout seule c'est inutile et 100 fois plus compliqué. Je ne suis pas guérie. Je ne le serai surement pas dans un mois même si je serai en meilleur forme. Pour être franche, je pense que je toucherai à la fin, cet été. Enfin j'espère. De toutes façon je n'ai pas besoin de savoir précisément quand je serai définitivement sorti de la maladie. Personne ne peut le dire, ça dépend de tellement de choses incontrôlables. J'avance c'est tout. Je n'associe pas ma guérison de ma reprise de poids. Peut être que quand j'aurai repris les 7kg je ne serai pas tout à fait guéri et peut être que je le serai avant pourquoi pas ? Il faut que je sois patiente et indulgente. La sortie de l'anorexie c'est quelque chose qui est difficile à imaginer quand on le vit au quotidien. Mais je crois que si on y réfléchi, au vue de ce que m'a a fait endurer la maladie, et de l'enfer qu'est ma vie aujourd'hui, la guérison ça n'est pas plus difficile à affronter. C'est juste difficile d'une autre manière. Un autre champ de bataille. C'est sur qu'il est impossible de mener le combat sur les deux front simultanément, c'est pour ça que je dois lâcher un côté pour mettre toutes mes forces sur le même objectif. Donc je te dis adieu Ana, je ne t'écouterai plus jamais, jamais, jamais :'((